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Dans l’espace : toute première résidence pour la nouvelle création d’Un Loup pour l’Homme

Loup y es-tu ?

La compagnie de cirque Un loup pour l’homme, à travers sa pratique des portés acrobatiques, s’attache à défendre une vision de l’humanité faite d’êtres sociaux, différents autant que dépendants les uns des autres. Plus qu’une matière à mettre en forme, le main à main constitue un véritable langage et un terreau d’étude des relations humaines.

Du 16 au 26 février dernier, l’équipe d’Un Loup pour l’Homme a installé ses caravanes autour du Cirque et a commencé les premières recherches acrobatiques pour cette nouvelle création, dont la sortie est prévue fin 2022, sous chapiteau.

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À très vite !

Note d’intention
Librement inspiré de l’ouvrage éponyme de Fabio Viscogliosi, Dans l’espace, pièce circulaire de cirque contemporain pour acrobates et musique live, a pour vocation de matérialiser les interactions de l’être humain et des forces environnementales qui baignent la réalité de son existence.
Un Loup pour l’Homme a toujours considéré l’acrobate comme un être social, dépendant des relations qu’il tisse avec ses  pairs. Il s’agit cette fois d’étendre le champ de ces dépendances, et de concrétiser la nécessité actuelle de dépasser une vision uniquement centrée sur la sphère sociale, pour replacer l’humanité comme partie prenante d’un milieu, façonné d’impondérables forces environnementales et physiques.
Intrinsèquement, la pratique de cirque est en prise directe avec ces lois naturelles, gravité en premier lieu, dynamique, cinétique, balistique. Ce sont ces forces mêmes sur lesquelles s’érige la pratique acrobatique telle que je la développe avec Un Loup pour l’Homme depuis ses débuts : équilibre ou déséquilibre des forces, point de suspension, point de rupture, statique anatomique ou architecturale, croissance…
Souvent ces forces ne sont révélées qu’en filigrane, laissant d’abord la place aux formes qu’elles sous-tendent.
En lien  évident avec des préoccupations environnementales, en utilisant au besoin la médiation de l’objet et de la matière en piste, je cherche aujourd’hui à leur donner corps, à les rendre visibles. Plus précisément, à leur donner le statut de partenaires à part entière de nos évolutions acrobatiques.
Car enfin, il est temps a minima de les connaître, de les reconnaître, non pas pour les asservir uniquement, tant cette prétention semble vaine, devant leur ampleur et leur éventuelle démesure, mais pour les respecter. Pour vivre avec : les craindre quand il faut, les côtoyer, les apprivoiser quand faire se peut, s’en jouer ou en jouer. A fortiori, un projet de société avec vents et marées.

Alexandre Fray, Un Loup pour l’Homme, octobre 2019

© Cirque Jules Verne