au Hangar

Le Chant des vagabondes

Les Souffleurs commandos poétiques

Du lundi 18 octobre 2021 au dimanche 24 octobre 2021 Hangar DD/MM/YYYY 18/10/2021 Europe/Paris Cirque Jules Verne - Le Chant des vagabondes Hangar

Que sait-on des Grande berce du Caucase, Véronique de Perse, Balisier des Caraïbes, Scille de Sibérie, Vergerette de Sumatra, Coqueret du Pérou, Pariétaire de Judée, Nigelle de Damas, Balsamine de l’Himalaya, Eventail de Caroline, Tamarin d’Inde, etc. ? Et du sort qui leur est réservé en Europe ?
Les simples noms des plantes vagabondes font rêver le voyage et évoquent la formidable liberté de vie. Que peuvent-elles nous raconter de la nécessité vitale de la mobilité, de la réponse quasi unanime du mouvement pour survivre ? Le Chant des vagabondes sera l’occasion de mettre en perspective cette vérité universelle : le vivant est en mouvement, se déplace et prend racine sur de nouveaux territoires. Il s’agit, à travers ce projet, d’imaginer un éloge des vagabondes et du pollen, contre lesquels la politique du mur ne peut rien.

Cette exploration allégorique se déploiera à l’échelle d’un quartier, dans les contours d’une fleur à 5 pétales dessinée selon la topographie des lieux. À l’intérieur de cette fleur, des étamines – les appareils reproducteurs mâles des fleurs – points vibrants de propositions artistiques singulières évoquant quelques vagabondes, et un locus amoenus – en latin, lieu idyllique – un jardin de l’esprit, du savoir et de la fête.

Le Chant des vagabondes proposera 3 niveaux de complicité, 3 phases de déploiement avec un public toujours croissant :
· Cinq jours en amont de la représentation, Les Souffleurs mèneront des manufactures poétiques avec des habitants du quartier choisi. Ces habitants, nommés complices, participeront à faire vibrer les étamines et illuminer les dispositifs du locus amoenus.
· Le jour de la représentation, une heure avant l’ouverture du locus amoenus, un premier groupe d’une centaine de spectateurs, nommés cheminants, s’aventurera dans la fleur pour une exploration d’étamine en étamine, afin de récolter langues, poésies et graines du monde entier – le tout vécu comme une immense devinette, en empruntant des chemins autonomes.
· Le locus amoenus, lieu festif, est pensé comme une installation artistique qui se suffit à elle-même. Il ouvrira grand ses portes et sera capable d’accueillir 500 à 1000 spectateurs. Il sera aussi le lieu de la résolution de cette devinette poétique proposée par les Souffleurs et les complices aux cheminants.

Écriture et mise en scène : Julia Loyez Conseil dramaturgique : Olivier Comte Avec les 29 artistes Souffleurs

Production Les Souffleurs commandos poétiques (en cours d’élaboration) Coproduction et résidences Ville d’Aubervilliers / Communauté de Communes du Val Briard / Cirque Jules Verne – Pôle National Cirque et Arts de la Rue – Amiens / Le Boulon – CNAREP – Vieux-Condé Soutiens Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis dans le cadre des résidences départementales / Théâtre des Passerelles de Pontault Combault / Art’R / ministère de la Culture / Conseil régional d’Île-de-France

Les Souffleurs commandos poétiques
Les Souffleurs commandos poétiques ont le talent de l’apaisement. À leur contact, chacun redécouvre les notions d’écoute et d’entente. Ils cherchent le moyen d’abolir les frontières et célèbrent la diversité à travers des performances où chaque artiste est tout en même temps identique et di érent de ses compagnons, laissant ainsi au spectateur la sensation d’avoir été traversé par un souffle pénétrant dont il ignore la provenance. La Tentative de ralentissement du monde, le projet des Souffleurs, s’exprime à travers tout un ensemble de gestes, d’œuvres, d’installations, d’écritures et de performances. Ce qu’ils qualifient de « poétisation de territoires et de processus contaminants » a donné lieu à de nombreuses créations mais aussi de très nombreuses performances in vivo, imaginées et partagées avec les habitants dans le but de questionner « le temps humain contemporain travaillé au fer rouge de l’algorithme ». Ils sont 60 artistes, 30 Français et 30 Japonais, tous issus d’horizons artistiques di érents, et ils sont aujourd’hui connus dans le monde entier grâce à leur approche singulière de la poésie, qu’ils considèrent comme un art plastique de la langue et une « autobiographie ultime de l’espèce humaine ». Ils ont foi en l’art et la poésie, et parfois, l’objet spectacle disparaît et révèle ce lien puissant et profondément humain.

Bonjour Julia ! C’est la première fois qu’une création des Sou eurs ne va pas être mise en scène par Olivier Comte. Peux-tu-nous parler de la genèse et de la conception de ce projet ?
Mon aventure au sein des Souffleurs a débuté en 2003. Autant dire que ce collectif a largement contribué à façonner l’artiste que je suis. Mais dans le laboratoire de poésie applicable développé par les Souffleurs, tout est ouvert. Parmi d’autres bifurcations, je suis, de 2015 à 2017, apprentie à la Fai-Ar. J’y cherche à enrichir ma boîte à outils, assembler le feuilleté de mes différentes pratiques artistiques et trouver mes propres signatures. C’est là que j’élabore Éloge des vagabondes. En 2017, nous sommes, chez les Souffleurs, aux prémices d’une nouvelle création : Terra Lingua et nous décidons, avec Olivier Comte, qu’Éloge des vagabondes sera la suivante. Il m’est évident de déployer ce projet au sein des Souffleurs, où j’occupe depuis maintenant 3 ans le poste de codirectrice artistique. C’est également le témoignage que les Souffleurs possèdent la capacité à entrevoir des perspectives de renouvellement de regards poétiques portés sur le monde avec les artistes qui constituent ce collectif. Pour Éloge des vagabondes, je signerai l’écriture et la mise en scène accompagnée par le regard complice d’Olivier Comte et l’énergie du collectif. Puisque nous avons également décidé que cette aventure concernera tous les Souffleurs installés en France. Pour ce faire, nous élaborons de nouveaux processus de création, alternant des temps de recherche en petits groupes et des temps collectifs. En 2021, Les Souffleurs commandos poétiques fêteront leurs vingt ans. En plus d’être artistiquement nécessaire, la participation de l’ensemble des artistes du collectif est également forte symboliquement.


Avec cette création, tu souhaites mettre en lien le voyage des pollens et des graines de plantes – qui peuvent se déplacer en toute liberté, sans frontières – avec la dure réalité des contextes migratoires humains et des politiques d’exclusion. Comment souhaites-tu aborder cette question et où veux-tu emmener les spectateurs ?
Discours et dispositifs sécuritaires, logiques de contrôle de la population, fantasme de l’invasion des « migrants », politique d’exclusion… comment m’emparer, en tant qu’artiste œuvrant dans l’espace public, de ces réalités contemporaines ? Tel a été le point de départ de ce projet de création. La métaphore poétique s’est imposée. Proposer une posture de contrepoint en évoquant ces vagabondes, qui pour certaines sont référencées comme « espèces exotiques envahissantes », mais également la prétention de politiques cherchant à les contrôler. Susciter des questionnements, éveiller des curiosités, proposer des énigmes et leurs résolutions poétiques sous la voûte étoilée de cette parole forte du poète Franck-André Jamme : « Savoir que les portes closes jamais ne peuvent empêcher les voyages. »… Et laisser la liberté au public de tirer les ls qui relient la tragédie des vagabondes à notre monde contemporain.

photos : Quennefer et SQIO

Éloge des vagabondes en bref

Création : printemps 2022 à Aubervilliers

La compagnie en bref

Direction artistique : Olivier Comte et Julia Loyez
Compagnie créée en : 2001
Implantée à : Aubervilliers · France et Tokyo · France
Nombre de créations : 15

Téléchargements

Résidences 2021 du Hangar